• V.K.

HENG

Mis à jour : 30 oct. 2018

ABSTRACT DYNAMICS


Immergé dans un univers graphique tourné vers la BD et les mangas, c’est encore enfant que Heng réalise ses premiers dessins inspirés par ses différentes lectures. Au gré des rencontres, encore adolescent, il s’intéresse naturellement au mouvement qui commence à révolutionner le paysage urbain : il peint ses premiers graffitis à la fin des années 90 sur Avignon puis sur Aix-en-Provence. Quelques années plus tard, il s‘installe définitivement à Marseille. Rapidement, il intègre différents crews, locaux et nationaux comme H2O ou encore PM où il rejoint Just, Blo, et surtout Jaw et Remy Uno avec qui il fonde en 2002 L’Artmada. Ce collectif, toujours en activité, réalise depuis des projets qui leurs permettent de laisser leur empreinte à Marseille et à travers le monde.

Un passage remarqué à Axe Sud dont il est diplômé lui a permis de s’ouvrir à de nouveaux horizons. A cette période il découvre le travail de nombreux peintres qui l’anime depuis dans une recherche permanente de l'esthétique.


Bien que la peinture de fresques constitue encore aujourd’hui une part importante de son travail, la nécessité à ses yeux de dompter le format et l’envie d’aller plus loin dans la technique -notamment la volonté de travailler la matière-, le mène inexorablement à réaliser ses premières toiles qu’il expose dès 2008. Elles représentent principalement des vues de villes, inspirées de mégalopoles comme NYC qui ont toujours fascinés l’artiste car ils sont aux antipodes des décors de son enfance. Ces grattes ciel comme ceux des dessins de Bilal définissent alors pour lui la limite entre le réel et le rêve, l'accessible et l’inaccessible.

A partir de 2012, une certaine maturité et l’acceptation d’une réalité qui s’éloigne d’un idéal le pousse à percevoir et imaginer une autre vision du monde. C’est pourquoi Heng s’obstine depuis à déconstruire ces paysages urbains, à casser le rectiligne, à froisser la matière comme si l’abstraction de ses œuvres pouvait dévoiler une autre pensée, un autre ressenti sur l’architecture qui nous entoure. Spontanément, ses toiles se couvrent de masses dynamiques qu’il façonne par petites touches ou dans un mouvement éructé, faisant surgir du néant un monde en clair-obscur, fait de nuées de couleurs vives et de perspectives sauvages.


Progressivement, Heng délaisse de plus en plus la bombe, outil de prédilection du graffiti, dont il se sert encore dans ses toiles pour certains effets de matières. Depuis 2016, il préfère définitivement le travail au pinceau qui lui permet des réalisations empreintes d’une finesse accrue. Il peut ainsi transmettre avec plus de force soit une ambiance, par essence dématérialisée, soit une impression de mouvement allant parfois jusqu’à l’explosion voire jusqu’à la collision, présentant ainsi à travers une déconstruction pure et simple de la perspective des peintures de dynamiques abstraites : Abstract Dynamics.

Perpétuant son univers artistique paradoxal, basé à la fois sur la puissance des masses et sur une inconditionnelle vision moderne de la rêverie, Heng continuera à nous dévoiler au fil des années ses œuvres urbaines et chimériques qui ne sont que les projections hypnotiques d’une exaltation sans faille.

“Tout ce que je peux faire, voir et écouter, m’apporte des images, des sons des idées et des émotions qui servent ensuite à l’expression”. L’acquisition comme la réalisation est soumise à des phénomènes aléatoires et non maîtrisables dont il faut rester conscient et grâce auxquels la peinture reste un jeu.

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